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Message du CEJC à l’occasion de Pâques 

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Chaque année, certaines journées et périodes nous mettent en face d’histoires qui nous rappellent des points importants en matière de justice. Songez par exemple au « Mois de l’histoire des Noirs », ou à la « Journée nationale des Autochtones » (en connaissez-vous la date?). La fête de Pâques ne fait pas normalement partie de ce type de célébrations. La fête de Pâques surgit avec allégresse à la fin de l’hiver comme le lapin blanc proverbial; elle annonce le début d’un nouveau cycle de croissance et de vitalité. Mais parmi les œufs et les jonquilles pascales se cache un profond mystère : une histoire de grave injustice qui a donné naissance à la profonde justice de Dieu.

Pâques est une célébration qui repose directement sur une histoire d’injustice, en fait, sur l’un des actes d’injustice les plus notables de l’histoire humaine. Au cours du premier siècle marqué par l’instabilité en Judée, il n’y avait pas de place pour le ministère du Nazaréen. La radicale bonne nouvelle qu’il annonce lui vaut des accusations de blasphème et de révolte politique, de sorte qu’un homme innocent, un homme foncièrement bon, qui guérit les malades, accueille les marginaux et enseigne la miséricorde, est injustement accusé, condamné dans un simulacre de procès, et brutalement exécuté. En effet, il est difficile de concilier cette histoire abjecte avec la beauté et l’espérance printanières qui caractérisent la fête de Pâques.

Toutefois, les Chrétiens affirment que cette mort n’est pas la fin de l’histoire. Les premiers disciples du Christ sont abasourdis quand ils entendent qu’« il est ressuscité! ». Mais, bientôt convaincus de cette surprenante vérité, ils commencent à voir comment Dieu œuvre dans ce déni de justice. Ils font l’expérience d’une « magie plus profonde, issue de la nuit des temps » (pour paraphraser l’expression évocatrice de C. S. Lewis). Ils découvrent que l’œuvre de Dieu dans l’univers sert à des fins plus profondes, des fins que l’injustice, et même la mort, ne peuvent pas contrecarrer.

Une partie de cette œuvre se retrouve aujourd’hui dans les efforts de justice réparatrice, qui vise à répondre aux besoins, à réparer les torts causés, et à rebâtir la communauté. Le Conseil des Églises pour la justice et la criminologie (CEJC) œuvre et fait voix commune au Canada depuis près d’un demi-siècle, et se veut un exemple lumineux en vue de l’adoption de démarches réparatrices dans le cadre du système judiciaire et pénal. Nous continuons d’explorer des façons d’encourager la « réparation » envisagée dans le contexte du travail de justice réparatrice pour ceux et celles qui sont impliqués dans le système de justice du Canada. Par exemple, le projet Empathie du CEJC continue d’aider les personnes détenues à comprendre les répercussions du crime sur les victimes et à composer avec ces répercussions. Nous sommes persuadés que lorsque les gens apprennent l’empathie, ils deviennent plus humains, plus résilients et s’ouvrent davantage à la guérison.

L’empathie est le point où convergent le travail du CEJC et la grande œuvre de Pâques. En effet, le sens étymologique du mot « empathie » est « souffrir avec ». C’est précisément l’affirmation chrétienne concernant Pâques : que Dieu a choisi de « souffrir avec » cette création meurtrie et endommagée, de se plonger dans les profondeurs de ce monde pécheur, et ainsi de le transformer, dans le mystère de la mort du Christ. Pâques, et tout ce que cela sous-entend, est un acte d’empathie divine.

Le CEJC vous invite, quels que soient votre milieu et vos croyances, à explorer et à appuyer le travail de justice réparatrice dans vos communautés. Nous faisons particulièrement appel aux Églises du Canada pour qu’elles se remémorent et incarnent l’empathie divine qui anime l’histoire de notre foi. Célébrons ensemble le Ressuscité en ayant à l’esprit nos prisons, que ce soient les prisons physiques de nos systèmes correctionnels, ou les prisons émotionnelles et spirituelles qui prolifèrent dans chaque foyer. Nous vous invitons à vous engager dans la joie et le défi que présente le travail de justice réparatrice. Et si vous désirez appuyer des œuvres précises du CEJC, veuillez visiter notre site Web (à www.ccjc.ca), ou téléphoner à notre bureau (au 613-563-1688) pour vous informer des différentes options de dons. Vous pourriez même songer à parrainer le membre de notre conseil, John deVries, qui fera le Marathon de la justice réparatrice (dans le cadre du Marathon de Boston), qui aura lieu cette année le 17 avril, soit le lundi de Pâques. Quelle meilleure façon de célébrer cette période sainte que d’investir dans la guérison des torts et d’ensemencer l’espoir d’un bout à l’autre de ce vaste pays!

Nous vous sommes reconnaissants de votre soutien et de votre intérêt vis-à-vis de la justice réparatrice, et nous vous souhaitons, de la part du CEJC, une fête de Pâques bénie.

Randy Klassen, vice-président,

Le Conseil des Églises pour la justice et la criminologie

Randy Klassen est membre du conseil d’administration du CEJC. Il représente le Comité central mennonite (CCM), organisme de secours, de développement et de renforcement de la paix de six communautés mennonites du Canada. À l’échelle locale, il participe à la pastorale de visite dans les prisons, ainsi qu’aux Cercles de soutien et de responsabilité (CSR), programme profondément ancré dans le CEJC et le CCM. À l’échelle nationale, il assure la liaison avec le travail de justice réparatrice effectué d’un océan à l’autre. Il était auparavant pasteur en Alberta, et instructeur au collège biblique en Saskatchewan (territoire du traité 6), où il vit actuellement. C’est là qu’il a découvert que le Parc du patrimoine Wanuskewin est l’un des meilleurs endroits où célébrer la Journée nationale des Autochtones (le 21 juin).

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